Chambres d'hôtes Danièle et Hervé

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Parapente

1) Déclaration de vol
2) Premiers vols 99

1) Déclaration de vol

C'était un week-end pas comme les autres qui s'annonçait là, un de ceux qui font rêver à des vols phénoménaux. Pour une fois, il ne pleuvait pas, seulement quelques nuages qui ne faisaient que matérialiser une activité thermique irrégulière. Le vent était faible aussi, presque nul mais orienté Sud Ouest.

Le Treh étant un peu loin de Soultzbach pour y voler le matin, je me décidais pour le Gaschney d'autant plus qu'il sera plus facile de négocier le thermique coté Sud Est et qu'en plus le télésiège fonctionnant en été, la grimpette jusqu'au sommet sera moins fatiguante. Ah! petit télésiège, pourquoi n'emportes tu pas également nos ailes au printemps et en automne pour nous éviter les longues marches épuisantes que l'on doit mener pour escalader le dôme du Petit Hohneck et atteindre cette aire de décollage que l'on convoite sans cesse?

Au sommet, plusieurs ailes sont déployées sur le sol, le nez pointé vers le Nord Est et les yeux rivés vers l'endroit d'où semble venir cette brise de pente capricieuse à souhaits. Un instant interloqué par ce choix, je me range vite à l'avis des anciens qui mieux que moi connaisse bien le site.

Le premier décolle sans problème, profite d'un thermique et s'élance vers l'océan de bleu. Le second le suit pareillement, peut-être avec un soupçon d'assurance en moins que seul un oeil aguerri peut effectivement détecter. Le troisième a quelques difficultés à s'arracher du sol et le quatrième s'y prendra à deux fois avant de décoller. Quant à moi, ce n'est qu'après le deuxième échec que je comprends que, le vent forcissant, la brise de face n'est que le retour du rouleau sous le vent du Hohneck. Et c'est complètement usé par l'effort que je traîne ma balle de tissus tout juste brassée vers le décollage Sud avant de m'effondrer essoufflé pour reprendre des forces.

Puis, brutalement, tout s'accélère. La brise vient de face 10/15 Kmh, je tire sur les avants pour aider l'entrée d'Eole dans chacun des caissons, prégonflage parfait. Je tire cette fois plus fort pour élever la voile au dessus de mon corps, retournement recentrage, temporisation contrôle, je la laisse voler les yeux fixés sur une barbule qui grossit à vue d'oeil.

Le thermique est là, naissant à deux pas sous le vent du Schiessroth, juste au dessus d'Eselsruecken. Je m'élance, trois pas me suffisent pour quitter le terrain adoré par les vaches, je centre le thermique et je gagne cinquante mètres puis cent, puis il disparaît, me laissant seul désemparé dans la descendance. Des bulles le remplacent à gauche, à droite, mon destrier des airs dépense son énergie pour gratter quelques mètres et s'éloigner du sol quand il devient trop proche.

Tout à coup, alors que le tas tant haï semblait irrémédiable, une ascendance forte, large, stable se déclenche juste au dessus de la ferme auberge et me porte calmement avec beaucoup de délicatesse plus loin dans le royaume des dieux. Tous les mètres perdus sont vite rattrapés et c'est rapidement que je me retrouve à 1600 mètres avant de quitter ce gros nuage noir qui voudrait me manger et de transiter vers Munster, Colmar et peut être Strasbourg, Berlin, Moscou.

Très peu de temps après je regrette déjà ce départ précipité vers la capitale du Val Saint Grégoire qui barre la route des grands vols de distance. Le gros nuage noir n'était qu'un mouton blanc tout heureux de m'aider à monter au plus haut pour voyager plus loin. Quand je me suis posé derrière les usines Hartmann, je me suis retourné et j'ai dit merci au petit cumulus que j'avais cru méchant, pour les huit kilomètres parcourus au dessus du Gaschneykopf, Taennlekopf, Sattelkopf, Reichsackerkopf, Moenchberg et Spitalaecker.

Hervé GOODWIN (Tous droits réservés)

Parapente au Treh Gaschney Le Treh Le Gaschney

2) Premiers vols 99

Mon premier vol de cette année fut à la fois fort sympathique et quelque peu inattendu.

Coincé pendant trois jours pour des raisons professionnelles dans la combe de l'Ermitage du frère Joseph au Ventron où les élèves de l'ENA choisissent chaque troisième semaine de janvier leur nom de promotion, cette année Averroès, j'ai toujours le secret espoir que mon employeur me libèrera quelques heures et m'autorisera après quelques ablutions à rendre hommage aux dieux Eole et Râ au Treh.

La bonne préparation du séjour me permit de profiter des heures méridiennes de cette journée d'hiver annoncée comme exceptionnelle :ciel bleu, vent nul ou légèrement sud-ouest, température atmosphérique dépassant les 10°.

La décision était prise, j'irai au Treh, le site phare de mes vols d'été que j'abandonne avec regrets dès que la route des crêtes est livrée aux seuls skieurs de fond. La voile jetée au fond du coffre, la mégane bleu nous emmène Danièle et moi vers le col de Oderen, laisse l'auberge du Frentz à gauche et s'engage dans les lacets de la chapelle Saint Nicolas. Nos yeux sont accrochés par notre destination éblouie de soleil, dominant fièrement la vallée de la Thur qui prend sa source au Rainkopf et va se perdre au-delà de Thann et Cernay dans la plaine d'Alsace pour mourir dans l'Ill à Untermuhl aux environs d'Ensisheim.

Le Trehkopf est encore maculée de quelques taches de neige, le déco encore vierge de toute voile, il est 12H30. Je déplie ma voile, je scrute le ciel à la recherche de quelque cumulus mais l'azur a décidé aujourd'hui d'être immaculé. Les quelques bulles thermiques qui caressent mon visage me laisse espérer un vol de cinq ou dix minutes.

Vers 13H les bulles plus nombreuses me poussent à décoller. Je vole de bulles en bulles, je soaring deux ou trois fois jusqu'au Gommkopf mais lentement je descends. Passé la crête du Pfaffenkopf, j'enroule encore deux 360 puis je me dirige tranquillement vers la carry heureux et fier d'avoir volé plus de 15 minutes, me souvenant qu'un vol de 5 minutes est déjà pain béni en plein milieu de janvier.

Pendant que je replie, deux parapentistes s'arrêtent sur le parking, puis repartent pressés dans une seule voiture. Le soleil toujours brillant accompagne notre repas pris sur place. Les deux parapentistes en ont rejoint quatre autres sur les sommets. Ils ont volé une heure entre 14 et 15 heures, scotchés à 1600 mètres.

Le second et dernier vol de janvier s'est déroulé au Petit Hohneck. Les remontées mécaniques fonctionnent pour profiter des dernières chutes de neiges, la balise complètement gelée répéte inlassablement « Mesures non disponibles ». Les nuages survolant Soultzbach proviennent du nord-est et le froid, -8°, est insuffisant pour ne pas voler.

Le vent orienté plein nord au sommet impose un décollage du coté de Schaeferthal, un vol droit pour sortir du relief puis un virage à 120°, direction sud-ouest, la crête et le téléski du Schallern, le parking du Gaschney. Partout des bulles gentilles qui me font zéroter, une à gauche, une à droite, jamais assez fortes ni assez grandes pour gagner en altitude mais qui font durer le plaisir d'être seul sur le site, à deux doigts des nuages et tout près du soleil. Le voyage continue, le Gaschneykopf à gauche, l'Altmattkopf légèrement plus bas et plein pot sur le Braunkopf qui offre du zéro plus et me fait tournoyer pour mon plus grand bonheur.

Ce n'est pas le froid qui fit se figer ce sourire extatique, les deux paires de chaussettes ont remplit leur devoir, mais cette odeur fétide qui envahit mes narines, ce parfum de purin à la fois âcre et puissant surgissant du fond de la vallée alentour de Mulhbach prouvant qu'un paysan étale son engrais dans l'espoir d'abondantes récoltes à venir. Il me reste quand même les 20 minutes en hors sol qui sont inoubliables.

Hervé GOODWIN (Tous droits réservés)

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